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Jean Tantole

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  1. Jean Tantole

    Rallye de Suède - 2019

    Merde, ils sont cousins germains...
  2. Jean Tantole

    Rallye de Suède - 2019

    Sans doute pas cette année. J'y étais il y a 2 ans, en famille, avec atterrissage à Stockholm, location de voiture et passage en ferry jusqu'à Turku, puis Jyvaskyla. J'ai aussi loué il y a quelques années un appart à 500 m du service park, quel pied (cette fois-là, on venait de Riga en Lettonie, location de voiture, traversée de l'Estonie, passage en ferry jusqu'à Helsinki et ensuite Jyvaskyla). Et j'y suis aussi allé avec ma voiture depuis la Belgique, mais là, c'était une mauvaise idée (durée du trajet).
  3. Jean Tantole

    Rallye de Suède - 2019

    Dimanche 17 février Nous voilà au dernier jour de rallye. La moitié de ma bande de quatre me remet un certificat médical : ils sont crevés et ils ne pourront pas nous accompagner sur cette ultime boucle. Peu importe, il y a de si petits écarts entre quelques concurrents du top 10 que je me dis qu’ils ne vont pas pouvoir assurer. Nous partons très tôt pour l’ES 17 (Likenäs), où mon jeune photographe désire aller du côté de l’arrivée. Je connais d’autres spots mais je lui laisse le choix. Dès 7h30, nous sommes en place, il ne fait pas très clair, les photos vont manquer de lumière. De plus, il y a un monde fou, il y a des arbres et des drapeaux partout devant nous. Comme je l’espérais, des concurrents jouent leur place, et ce n’est pas une procession. La poudreuse vole dans tous les sens, je dois sans cesse protéger mon petit appareil photo. Il fait aussi plus frais ce matin, je vais avoir froid pour la première fois. Comme ils doivent passer deux fois ici avant la power stage, nous décidons de rester au même endroit. Nous voyons donc les R2 pour la première fois. Chance, entre les deux passages, la moitié des spectateurs s’en va. Des « Meteo Crew » (avec des dossards sur la photo) se pointent pour tâter la neige, prendre sa température et réaliser des photos. Nous nous replaçons en espérant de meilleures photos. Le deuxième passage (ES 18) est encore plus intéressant, ça dépote grave. Mais cette fois, si nous voulons aller voir la power stage, nous devons partir après le passage des premières WRC2. Malheureusement, des centaines de personnes (peut-être des milliers) font la même chose que nous en même temps, ce qui fait que nous nous retrouvons pare-choc contre pare-choc, au pas, sur la grand-route vers Torsby. Le GPS m’annonce que le prochain carrefour se situe à 9,8 km, et effectivement, nous roulons au pas jusque là et nous perdons presqu’une heure. Par deux fois, nous trouvons des petits raccourcis qui nous permettent d’avancer de 1,500 m par des routes désertes. Forcément, nous arrivons à Torsby à l’heure de la power stage (12h15), et nous décidons d’aller au gîte la regarder à la TV (c’est retransmis sur une chaîne suédoise). Voilà, l’aventure prend fin, nous devons vite ranger nos effets, quitter cette maison accueillante. Vers 14h, nous partons vers l’aéroport d’Oslo où je débarque nos deux équipiers. Mon fiston et moi, nous nous tapons un bon repas dans un restaurant de Jessheim où nous avons nos habitudes, et après une courte nuit dans un hôtel du coin, nous prenons lundi matin l’avion de Bruxelles de 6h40, ce qui nous fera encore lever à 4h. Je vous le dis, on ne va pas au rallye de Suède pour se reposer. Par contre, on en revient avec des souvenirs plein la tête. Et si comme moi, vous arrivez à écrire le récit de vos aventures par le détail, sa lecture vous ramènera inexorablement dans les bois suédois, vous replongera dans une ambiance bien particulière (avec l’odeur de fumée en prime), vous rappellera les marches dans la neige et sur le verglas : c’est aussi ça le bonheur… That’s all, Folks!
  4. Jean Tantole

    Rallye de Suède - 2019

    Samedi 16 février : le pied intégral ! Forts de notre expérience (malheureuse) de la veille, nous nous levons à la bonne heure, et nous sommes installés dans l’ES 9 (Rämmen) un bon quart d’heure avant le départ de cette première spéciale du samedi (7h44). Nous avons choisi un droite-gauche rapide en montée, dans une zone dégagée, où nous pourrons voir les voitures un peu plus longtemps que d’habitude. Il y a peu de neige dans le bois, la route de la spéciale ressemble déjà à un chemin de terre. Ce n’est pas un bon spot pour la photo, il ne fait pas très lumineux, on est loin de la route (à l’extérieur, l’intérieur est zone interdite), ce qui fait que mon jeune photographe s’éloigne dans le bois en espérant trouver d’autres conditions. Je reste avec mon fiston pour profiter au mieux des trajectoires, des endroits où les pilotes passent les vitesses, des dérives plus ou moins prononcées. Je fais juste une rafale de photos d’un passage (Evans) avec mon smart-phone, pour garder une trace. Comme je l’ai déjà écrit dans un post précédent, on peut aussi apprécier le son lors d’un rallye. J’ai souvent pesté dans le passé (en Finlande, en Allemagne, ou en Suède) quand les organisateurs installent des haut-parleurs qui débitent de la musique ou des commentaires imbitables, ça gâche le plaisir des oreilles. Ici, pas de bruits parasites, on entend les WRC longtemps avant de les voir, le son des 1,6 litre turbo résonne dans les bois, c’est aussi beau que du Chopin (je vous avais prévenus, c’est subjectif). On voit d’abord un nuage de neige s’élever au-dessus des jeunes plants de sapin, puis les voitures déboulent dans la zone dégagée et avalent les deux courbes en soulageant un peu avant le gauche, puis elles disparaissent derrière un sommet. C’est simple, c’est beau, c’est chouette. Elle est pas belle, la vie ? Nous sortons de la spéciale après une vingtaine de voitures, mais c’est déjà trop tard pour l’ES 10 (Hagfors) qui est pourtant située juste de l’autre côté de la route nationale. Ce n’est pas grave, j’ai un plan B qui est en gestation depuis le début du séjour. Comme je le décrivais plus haut, j’ai toujours les spéciales et les liaisons affichées dans mon GPS (une tablette fixée au pare-brise). Je privilégie les parcours de liaison quand c’est possible, parce qu’on a toujours l’occasion de tomber sur des WRC garées aux bords des routes, avec des pilotes souvent accessibles. Je ne compte plus les fois où j’ai pu profiter du spectacle des assistances « sauvages » : changement de roues, durcissement de suspension, ajout de caches de refroidissement, dégagement de la neige accumulée dans les passages de roue, etc… Donc, nous nous dirigeons vers l’ES 10 (Vargasen) par la liaison, en prenant notre temps puisque nous devons suivre les voitures du rallye et non pas les précéder. Et ça ne rate pas ! A un carrefour, à l’endroit d’un élargissement de la chaussée, Neuville, Meeke et Lappi sont garés et les équipages sont affairés. Je me gare plus loin pour ne gêner personne, et nous revenons pour profiter du ballet. Parce que c’en est un, et bien rôdé. Je n’imaginais pas que tous les pilotes sortiraient les roues de secours pour les comparer avec les roues utilisées. De prime abord, je ne vois aucune différence dans l’usure des clous, mais les pilotes, eux, ils en voient, puisqu’ils remplacent ou déplacent les roues en quelques minutes, parfois en demandant au copilote de confirmer leur choix. Les crics hydrauliques sont manipulés avec célérité, les boulonneuses électriques entrent en action, c’est là qu’on peut se demander pourquoi les équipes en WRC ont des stands de Formule 1 à Torsby alors que les pilotes doivent s’agiter avec des moyens dérisoires aux bords des routes. FIA, si tu m’entends ? Neuville, Meeke et Lappi à peine partis, ce sont Tänak, Mikkelsen et Suninen qui se pointent. On ne sait plus où regarder. Il y a trop de choses à voir. Tiens, c’est sympa, Tänak rejoint Suninen et ils devisent en riant. Ils se battaient à coups de dixièmes de secondes plus tôt ce matin, et justement Suninen a craqué dans la spéciale précédente et a perdu 1 minute et demie d’un coup. Je dois l’avouer, ça me plaît de voir autant de sportivité. Quand ces trois-là repartent, c’est Mads Ostberg qui se pointe. Lui aussi compare longuement ses pneus usés et neufs. C’est ensuite Pieniazek qui s’arrête, puis Lindholm et sa superbe Polo R5. Nous sommes comblés, c’est un autre aspect du rallye que je ne dédaigne jamais. En étudiant le timing des spéciales du jour, je ne peux pas m’empêcher de penser que ce n’est peut-être pas anodin de rapprocher autant les spéciales d’une matinée. Il devient difficile de voir plus d’un passage par boucle. A 10h du matin, les premières voitures sur la route ont déjà terminé le boulot et rentrent au service park ! Tant pis, nous nous adaptons. Nous optons pour l’ES 13 (Hagfors), qui est programmée à 13h53. Je connais un spot intéressant pour l’avoir pratiqué quelques fois dans le passé, nous nous y rendons à l’aise. Cette fois, nous profitons des 2 heures de répit pour préparer un autre déjeuner typique : grill jetable, hamburger, oignons, pains ronds grillés, sauce barbecue qu’on ne trouve qu’en Suède. Le plaisir en rallye passe aussi par là. Les voitures déboulent bientôt, c’est du rapide, mais la route est sale et j’ai l’impression qu’ils passent moins vite que les années précédentes. J’aurais dû garder le pistolet radar Bushnell qui me permettait de mesurer la vitesse des flèches quand je pratiquais le tir à l’arc. C’est Tänak qui réalise le meilleur temps, ce gars est incroyable (mais bon, sa position ne doit pas le handicaper). Il est presque 16h quand nous repartons d’Hagfors, les pilotes ont d’abord piscine à Karlstad, et ils doivent revenir à Torsby à 19h30 pour le Sprint dans la carrière. Nous, nous regagnons notre maison de Torsby, et je décide que j’en ai fait assez pour ce samedi. Karlstad, nous y sommes allés le jeudi, Torsby Sprint, nous l’avons déjà vu la veille. La suite et la fin au prochain épisode…
  5. Jean Tantole

    Rallye de Suède - 2019

    Vendredi 15 février Etant rentré tard la veille de Karlstad et ayant bâclé le briefing traditionnel de préparation du lendemain (mais ça, nous ne le savons pas encore), nous nous retrouvons sur la route de l'ES2 (Hof Finnskog 1) vers 6h30 du mat. Nous sommes seuls sur une route bien verglacée, je commence à gamberger : « Y a que nous qui allons à l'ES 2 ? Où sont les autres spectateurs ? ». Heureusement, des phares apparaissent dans mon rétro, c'est Loeb, qui nous rattrape et nous dépasse rapidement (mais moi, je respecte les limitations). Il est bientôt suivi par Latvala, qui fait de même. Là, mes doutes font place à une certitude : nous sommes tard, 10 fois trop tard, 100 fois trop tard pour arriver à rejoindre un spot de l'ES 2. Mon GPS spécial rallye m'indique qu'il y a une possibilité de quitter notre route pour rejoindre celle qui mène à l'ES 3 (Svullrya). Aussitôt dit, aussitôt fait ! Sur l'écran de mon GPS, j'ai programmé les spéciales (en rouge) et les liaisons (en bleu). Nous avons suivi la flèche rouge pour aller à l'ES 3 à la place de l'ES 2. C'est ainsi que notre manque de sérieux dans l'évaluation de l'heure de départ nous fait rater la spéciale convoitée, et nous oblige à revoir nos plans de la journée, voire à rabaisser nos ambitions (en nombre de spéciales à voir). Nous arrivons bien en avance à l'ES 3. Nous choisissons un accès proche de l'arrivée, il y a une immense parking (déneigé et payant, évidemment) à quelques mètres de la spéciale, tout va bien. Je me place à l'intérieur de la dernière courbe gauche rapide qui est suivie de deux virages serrés artificiels, qui vont ralentir les voitures avant l'arrivée toute proche. Les premières WRC arrivent, ça dépote, la route est bien verglacée, il y a de la neige partout, c'est du bon rallye de Suède. Ces gars-là sont des virtuoses : il y a de la vitesse, mais cependant de l'onctuosité (si j'ose dire) dans les trajectoire, les freins à main sont juste dosés, les relances sont maîtrisées, c'est de l'art, et donc du bonheur (d'être là). Seul, Marcus Gronholm s'emmêle les pinceaux au freinage de la première « difficulté », touche le mur de neige avant le virage, il n'a plus la vitesse pour faire tourner la Yaris sur sa lancée, il est obligé de donner un grand coup de gaz et il part en tête-à-queue pour s'enfoncer dans un mur de neige. Comme je l'ai relaté plus avant, les nombreux commissaires et la présence de la maréchaussée suédoise ont d'abord empêché les spectateurs d'aller aider le malheureux Marcus coincé à quelques mètres de l'arrivée. Le Grand Blond avec une chaussure de plomb (juste avant de faire sa boulette) Mais on ne peut pas rester indifférent devant le malheur, on ne peut pas rester les bras ballants devant l'infortune d'un as pas encore oublié, et bientôt 10, 20 spectateurs débordent les rubalises et arrivent à la rescousse. Les commissaires laissent faire, la police ferme les yeux, le grand échalas peut poursuivre sa route. Tout est bien qui finit bien. Nous qui pensions pouvoir voir deux spéciales dans la boucle matinale en sommes pour nos frais ! Il est 10h30, nous quittons l'ES 3 et n'avons d'autre choix que d'aller dans l'ES 5 (Hof Finnskog 2) qui se courra un peu avant 14h. Nous allons donc nous poster au pied d'une longue descente suivie de deux courbes à droite. Nous avons aussi tout le temps de déjeuner dans le bois, grâce à notre kit habituel : grill jetable, saucisse au fromage et pain hot-dog troué. Les ténors arrivent à l'heure, le freinage en descente est périlleux, et l'enfilade qui suit à l'air rapide, Sébastien Ogier se charge immédiatement de nous le confirmer. Thierry Neuville nous confirme autre chose : on peut tout perdre à n'importe quel moment en Suède. Sa Hyundai se met en travers au freinage et finit dans le mur de neige. Il y laisse définitivement des morceaux d'aile qui avaient déjà commencé à se faire la malle dans une autre sortie dans la même spéciale (merci les vidéos embarquées). Vu le timing serré de cette boucle et comme nous sommes dans la spéciale la plus éloignée, nous n'avons d'autre solution que de retourner à Torsby pour l'ES 8 de fin de journée (17h14). La route est longue, très fréquentée à cette heure avec les gars qui ont les mêmes intentions que nous (et ils sont nombreux). Nous arrivons 15 minutes avant le passage des voitures, les deux plus jeunes du groupe courent jusqu'à la carrière, tandis que mon fils et moi, nous nous contentons de nous poster au freinage de la longue ligne droite avant l'arrivée. J'explique au gamin qu'il n'y a pas que les dérapages ou les sauts dans la vie de rallye, et que parfois, les freinages sont aussi très spectaculaires. Et c'est le cas. Neuville déboule au rupteur, et commence à freiner exactement au droit d'un panneau publicitaire qui va nous servir de référence. Nous sommes tout de suite surpris de voir que les pilotes qui vont suivre vont presque tous freiner plus tard ? Que se passe-t-il ? On nous aurait changé notre Thierry ? Nous comprenons que les conditions s'améliorent au fur et à mesure des passages. Et nous décidons de rester jusqu'aux WRC2. Nous avons bien fait : Ostberg freine bien plus loin que le fameux panneau. Rovanpera nous éblouira également, mais le grand moment de la journée, c'est Huttunen ! Lui, on a d'abord cru qu'il avait oublié de freiner. J'ai retenu ma respiration en pensant qu'il allait aller tout droit. Mais au tout dernier moment, on a vu l'avant de sa Fabia s'abaisser brusquement, l'auto a amorcé un dérapage salvateur qui lui a permis d'enfiler la dernière courbe, et elle a passé la ligne d'arrivée au rupteur. On ne saura peut-être jamais si Huttunen a maîtrisé le processus ou s'il s'est mélangé les pinceaux, mais je lui tire mon chapeau, c'est le plus beau freinage de la journée, voire du rallye, mais comme il reste 2 jours de course... . Suite plus tard, je dois aller bosser !
  6. Jean Tantole

    Rallye de Suède - 2019

    Pas une Fiat, MA Fiat !
  7. Jean Tantole

    Rallye de Suède - 2019

    Suite du jeudi 14 février Nous quittons le shakedown vers 11h30, et nous décidons de passer par le service park situé à 8 km. Il n'y a pas grand-monde, la plupart des WRC sont toujours dans le shakedown pour un quatrième passage. Nous en profitons pour visiter les différentes « hospitalities ». Toyota a fait fort avec des jeux, des simulateurs, un concours (les premiers prix sont des places VIP sur des rallyes). Mes jeunes équipiers s'amusent un peu. Nous rentrons dans notre location à Torsby pour déjeuner. Vers 16h, il est temps de se rendre à l'hippodrome de Karlstad. C'est à 100 km, nous mettons une heure et demie pour nous y rendre. Il y a un grand parking en face de l'hippodrome, c'est le pied, il n'y a que la grand-route à traverser. Nous prenons bien soin de coller notre ticket de parking sur le pare-brise. En effet, j'ai pris deux prunes sur le stationnement deux années de suite par le passé. J'ai fini par contacter l'Office du Tourisme de Karlstad (les loueurs de voiture n'ont jamais daigné communiquer), qui m'a le plus sérieusement expliqué que les agents de la société privée qui gère le parking doivent voir le ticket depuis les allées. Si le ticket est simplement posé à plat sur le tableau de bord (comme en France ou en Belgique), il y a automatiquement une prune. C'est pour cela qu'il y a un clip en plastique sur le bord des pare-brises des voitures suédoises. Nous rejoignons directement la tribune située à droite de l'entrée, où est sensée se dérouler la séance de signature d'autographes (entre 18h15 et 18h45). Contrairement aux années précédentes où tous les pilotes sélectionnés étaient alignés dans une seule rangée (et donc on pouvait tous les rencontrer), l'organisateur a cru bon de créer 4 groupes séparés. Nous imaginons déjà que ça ne va pas être simple pour avoir le temps de passer par les 4 circuits. Une vue de l'assistance publique à la séance des signatures A gauche de l'immense salle, les 3 pilotes M-Sport (dans l'ordre : Tidemand, Evans et Suninen) sont parqués derrière des barrières Nadar en compagnie d'Henning Solberg qui anime le « stand ». Les pilotes M-Sport (Evans et Suninen) n'ont pas des réputations de joyeux drilles (je les vois plutôt en Droopy), mais je vous assure que leurs éclats de rire aux boutades d'Henning en ont fait sourire plus d'un. Dans la partie centre-gauche de la salle, les 3 pilotes Citroën (Lappi, Ogier et Ostberg) sont accompagnés de Johan Kristoffersson. Dans la partie centre-droite, on retrouve les Hyundai boys (Mikkelsen, Neuville, Loeb). Et à droite, l'armada Toyota, avec dans l'ordre : Meeke, Tanak, Latvala et Gronholm. J'ai une mission spéciale, je me suis promis de faire signer une carte d'anniversaire pour mon beau-frère qui a fêté ses 63 ans le 12 février. Comme c'est un beau-frère qui faisait du rallye avec moi il y a 40 ans, j'ai préparé une carte avec une vieille photo de notre voiture de rallye (de 1981), et j'espère la faire signer par les 3 champions du monde WRC présents dans la salle. Etant arrivé parmi les premiers fans dans la salle, je commence par faire la file chez Hyundai. Je suis surtout intéressé par Sébastien Loeb, afin d'obtenir la première signature sur ma carte d'anniversaire. Je la lui présente, il me demande de quoi il s'agit, je lui explique en quelques mots que c'est pour un beau-frère qui n'a jamais pris l'avion, qui ne viendra donc jamais les voir en Suède, qui a fait du rallye avec moi il y a longtemps, et qui a eu son anniversaire l'avant-veille. Il sourit et s'exécute. Danos la signe ensuite en lâchant (un scoop) : « ouais, c'est comme ma copine, elle n'aime pas prendre l'avion ». Voilà les deux compères partis dans une conversation privée (que je ne dévoilerai pas ici). Quels déconneurs, ces deux-là. Je me mets immédiatement dans la file Citroën. En quelques minutes, j''arrive devant la table de Sébastien Ogier, mais il est justement interviewé par, ce que je finis par comprendre, l'équipe vidéo Citroën. Pas vraiment le moment idéal pour ça, alors que des dizaines de fans font la file et que le temps imparti s'écoule. Je patiente, et dès que la (jolie) journaliste s'en va, je montre ma carte, recommence mes explications en vitesse, ce qui fait également sourire Seb 2, qui signe ma carte avant de la filer à Julien Ingrassia. C'est bon, j'avance dans ma quête de signatures, mais il est presque 18h45, et je comprends que je n'aurai pas le temps de faire la file chez Toyota. Comme Marcus Gronholm est le dernier de la rangée, je me faufile sur le côté, grimpe sur le montant horizontal de la barrière, et j'arrive à attirer l'attention du Grand, qui me demande aussi de quoi il s'agit, et à qui je répète également mon petit laïus. Il signe aussi en souriant. Mais un grand coup de sifflet retentit, c'est la fin de la récréation, les pilotes se lèvent comme un seul homme et sortent de la salle dans une cohue indescriptible. Je n'ai pas eu le temps de faire signer Rautiainen, mais je considère que j'ai rempli ma mission ! La suite, vous la connaissez, des duels de 1.900 m dans ce qui ressemble à une immense patinoire dont le système de réfrigération est en panne. Nous ne nous éternisons pas parce que nous avons une heure et demie de route pour rentrer au gîte. Je vous raconterai la suite plus tard !
  8. Jean Tantole

    Rallye de Suède - 2019

    Suite ! Chance, nous tombons sur les WRC qui vont effectuer leur troisième passage. Ogier vient de partir, Neuville se pointe suivi par Loeb. Ils s’arrêtent un peu avant la zone de contrôle des pneus. Evidemment, leurs Hyundai sont aussitôt entourées d’une nuée de spectateurs. Daniel Elena vérifie les pressions tandis que Sébastien Loeb reste au volant. C’est là que Danos va en griller une (comme relaté plus tôt). C’est ensuite un flot ininterrompu de WRC qui s’arrêtent toutes avant le contrôle. On peut à loisir se pâmer devant les WRC, plus spécialement sur les ailerons arrières qui sont de véritables œuvres d’art. Ici, Anders Jäger démonte la calandre de sa Hyundai pour enlever des caches de radiateur (les experts apprécieront). Là, des pilotes inspectent soigneusement l’état d’usure de leurs clous. On ne sait plus où tourner la tête, il se passe toujours quelque chose. Avec un peu d’attention, on remarque un tas de détails souvent ignorés (des néophytes) : les pilotes et co-pilotes enfilent des sur-chaussures pour sortir marcher dans la neige, chaque voiture est équipée d’un pense-bête sur la portière passager (quantité d’essence à absolument avoir à bord pour chaque tronçon, détail révélé plus avant), des pilotes d’une marque parlent à des pilotes d’une autre marque. Bref, encore un moment de bonheur. A suivre...
  9. Jean Tantole

    Rallye de Suède - 2019

    Débriefing subjectif du rallye de Suède 2019 PREAMBULE Retour en Belgique le lundi matin (très tôt). Le délicat fumet de trappeur qui s’exhalait de ma veste a inévitablement interpellé ma voisine dans l’avion. Elle ne connaissait évidemment pas ce sport national suédois qui consiste à traîner des tas de bûches jusqu’au plus profond de la forêt, y foutre le feu et enfumer avec délectation les malheureux spectateurs réduits à regarder les passages des WRC la moitié du temps en apnée ou avec la larme à l’oeil (je sais, la phrase est longue, vous avez repris votre souffle ?). Moi, cette fumée ne me dérange qu’à moitié parce que j’ai fumé une partie de ma jeunesse et que j’aime le whisky tourbé, mais mes jeunes coéquipiers dont c’était le baptême du feu (waf) ont moins apprécié. Sans parler des chasubles bleues qui pensent toujours avoir trouvé le spot de leur vie et qui se lamentent quand ils voient le piqué de leurs clichés. Forcément, on ne juge pas la qualité d’un rallye que sur son empreinte carbone. Je dois vous avouer que personnellement, j’aimerais plutôt voir ajouter une note artistique au résultat sec du chrono. Voilà, je ne vais donc pas vous relater les faits de course que vous avez déjà pu lire en détails ici ou là, je vais vous décrire quelques moments délicieux qui font qu’un rallye du championnat du monde est une fête permanente qui réserve toujours des bonnes surprises. Arrivés le mardi à Torsby par la grâce d’une grève nationale, nous étions sur pied de guerre dès le mercredi matin, ce qui ne nous était plus arrivé depuis longtemps. C’est ainsi que nous avons pu aller nous poster à l’arrivée de la spéciale d’Hagfors le mercredi matin, à l’heure des dernières reconnaissances. Il y avait un contrôle de passage sur le (futur) parking des spectateurs, mais nous sommes montés jusqu’au point stop de la spéciale où nous avions remarqué une demi-douzaine d’aficionados et une mini-équipe de reportage de la télévision suédoise. Il faisait +6 degrés. Mode REPORTAGE La montée jusqu’au point stop est périlleuse, la route est verglacée, il nous faut marcher dans l’accotement où il y a une bonne couche de neige. Bientôt, une voiture descend la spéciale, c’est Henning Solberg, qui s’arrête un instant, et qui signe quelques autographes tout en répondant au téléphone. Chris Meeke le suit de près, il s’arrête également, il signe des autographe, il sourit. Cette fois, nous avons le temps de l’encourager, il nous remercie. Cependant, je modère aussitôt ma team (des novices, comme vous savez), en leur rappelant que souhaiter bonne chance porte malheur, selon une tradition populaire. attachée au monde de l’art et étant entendu que le rallye en est un, d’art. Une autre voiture arrive, c’est une superbe Focus RS. Il s’agit de Pontus Tidemand. L’équipe de TV se positionne et l’interviewe longuement, ce qui provoque une petite file. En effet, à partir de ce moment-là, les voitures de reconnaissance se suivent : Mikkelsen, Katsuta, Ostberg, Neuville, Lappi, Ogier, Loeb (dans une superbe BMW blanche), Tanak, Latvala, Lindholm,… Je demande à Thierry Neuville ce qu’il pense de la spéciale, il me répond qu’il est persuadé que ça va fondre et que ça va devenir un problème. Quel bonheur aussi : toutes les voitures se sont arrêtées, tous les pilotes ont descendu la vitre, tous ont signé des autographes, tous ont souri et remercié. Parcours du SHAKEDOWN Le mercredi après-midi, les reconnaissances sont malheureusement déjà terminées. Comme nous logeons à une dizaine de kilomètres du shakedown, nous décidons d’aller jeter un coup d’œil sur l’état de la route, et éventuellement de repérer un spot intéressant. Persuadé que la route est déjà fermée à la circulation (après vérification, c’est le cas de toutes les spéciales, sauf le shakedown), j’emprunte une route d’accès du guide des spectateurs. A l’endroit de la spéciale, je suis étonné de ne trouver aucune barrière, il n’y a pas un chat, l’occasion est trop belle, je m’engage dans le sens officiel et nous parcourons le tracé. C’est grisant, j’accélère, ma Yaris hybride de location tient relativement bien la route, elle amorti les nombreuses bosses, on apprécie vraiment la sinuosité, on s’amuse comme des fous. Il y a très peu de monde, juste quelques camping-cars qui se sont planqués dans des chemins de traverse. J’arrive à une épingle, je veux faire mon « kéké » et je tire le frein à main. Erreur ! Le système antidérapage entre en scène et empêche le dérapage, j’en suis pour mes frais. Nous terminons le shakedown et nous décidons de rejoindre le départ pour reconnaître le morceau que nous n’avons pas encore parcouru. Il n’y a personne pour nous en empêcher, nous avons reconnu l’entièreté du tracé. Comme il n’y a pas beaucoup d’accès possibles, nous savons que nous entrerons dans le shakedown par le départ, qui est constitué d’une petite descente suivie d’une bosse en virage sur la gauche (toutes les voitures sauteront roues braquées pour tourner à la réception), avec ensuite une longue courbe à droite en légère montée. C’est là que nous irons ! En rentrant sur Torsby, le padawan de l’équipe souhaite voir le service park, mais bizarrement, c’est fermé au public. Ce n’est pas grave, ça nous laisse le temps d’aller faire des courses et de nous préparer pour les choses sérieuses du jeudi. QUE LA FÊTE COMMENCE Comme le shakedown est proposé à une heure plus tardive qu’à l’accoutumée (9h), nous n’avons pas à nous presser, nous arrivons 30 minutes avant l’heure de départ, l’organisateur a prévu un grand parking dans un champ déneigé, c’est trop facîîîle ! Nous nous installons à l’intérieur du premier droit, avec vue sur le départ et la première bosse. La route est bien verglacée, il y a 50 à 60 cm de neige sur les côtés. Excellent choix, après un premier passage relativement calme (les voitures sautent à peine sur la bosse), la suite va nous régaler. Les pilotes sont chauds, on sent qu’ils sont passés à la vitesse supérieure : festival de sauts, hurlements de moteur plus prononcés, dérives beaucoup plus larges. J’arrive à me rapprocher de la route pour filmer et faire quelques photos. Quel pied ! Ogier au deuxième passage (au premier, il n'a même pas dérivé) Rovanpera (lui, ça a été une suite de passages par la portière) Au bout d’une heure et demie, nous décidons de sortir du shakedown, avec l’espoir de voir quelques voitures de près puisque nous remontons l’accès à l’envers. Chance, nous tombons sur les WRC qui vont effectuer leur troisième passage. Suite au prochain épisode…
  10. Jean Tantole

    Rallye de Suède - 2019

    Quel professionnalisme chez Citroën : un « crew meteo » vient de venir tâter la neige dans Likenäs.
  11. Jean Tantole

    Rallye de Suède - 2019

    Je suis dans l’ES 17, les conditions sont excellentes, il fait -1, il y a de la neige tout plein... Jean Tantole, premier de cordée
  12. Jean Tantole

    Rallye de Suède - 2019

    Voilà ce que Richard Millener a raconté dans un bar de Torsby à un gars qui l’a raconté à la voisine du beau-frère de la caissière de l’ICA ou j’ai fait les dernières courses hier soir : Unfortunately his second mistake proved rather more costly than his first and there was some damage to the rollcage which meant he had to come straight back to service. As we manufacturer our own rollcages we’re allowed to make the repair ourselves – so long as it can be done in three hours and the FIA are happy. “Our mechanics love a challenge and they’ve excelled themselves with this one. It’s not an easy thing to do, but that’s why they’re the best mechanics in the business – and they’ve deserved a couple of beers tonight!” Jean Tantole, envoyé spécial dans la zone des combats.
  13. Jean Tantole

    Rallye de Suède - 2019

    Même Ott Tänak m’a répondu que la plaque de protection qui pendait à moitié arrachée sous sa Yaris ne l’emouvait pas. C’est là qu’on se dit que ce mec a des nerfs d’acier ou souffre d’un grave trouble du développement... (mode ironie, je précise). Pas de photo de la plaque, désolé !
  14. Jean Tantole

    Rallye de Suède - 2019

    Mads nous a assuré qu’il allait tout faire pour rester en tête du WRC 2 Pro, en admettant qu’il aura fort à faire... Pour la petite histoire, j’arrive toujours a dire quelque chose de gentil aux pilotes, qui ne voient pas malice à répondre à des questions sympas posées par un vieillard (j’ai eu 60 ans l’année dernière).
  15. Jean Tantole

    Rallye de Suède - 2019

    Le marché de l’occasion près d’Hagfors :
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