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Le match : Camilli v/ Suninen

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Le Match : Suninen v/ Camilli 

Régulièrement, nous vous proposerons des duels de pilotes, souvent opposés à un certain stade de leurs carrières ! Nous vous mettons dans la peau d'un team manager et vous demandons ce que vous auriez fait, si vous aviez eu à choisir entre les 2 pilotes en présence ! 

Le premier "match" oppose un espoir finlandais à un - ancien ? - espoir français. J'ai nommé Teemu Suninen face à Eric Camilli, deux protégés M-Sport sous la houlette de Malcolm Wilson. 

Le cadre du débat, on le connait tous : Malcolm aurait-il lancé Eric trop tôt en WRC et ruiné toutes ses chances de réussite en championnat du monde ? Suninen a-t-il davantage de talent pur ? Qui peut accéder au plus haut niveau ? En 2018 à l'heure où nous nous parlons, est-ce vraiment fini pour Camilli ? 

Voici quelques éléments de comparaison intéressants, pour poser le débat. 

Camilli, trop de casse, pas de chronos suffisamment probants. 

En 2016, lorsque Camilli est lancé dans le grand bain du WRC ex-génération, il a du mal à performer. Résultats en dents der scie, sorties à répétitions, chronos décevants, bref, cette saison cauchemardesque ne masquait-elle pas en réalité un cruel manque d'expérience ? 

Nous vous présentons ci-dessous un graphique, qui représente en bleu ses résultats, et en rouge la connaissance des manches auxquelles il a participé. 

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De quoi excuser ses performances ? En début de saison oui ! Le MC est une épreuve difficile, puis il débarque en Suède, Mexique, Argentine sans aucune connaissance du terrain. Il repart sans aucun résultat ... Pardonnable après tout. Un espoir était même envisageable après un Portugal et une Sardaigne assez encourageants. 

La fin de saison est en revanche très difficile à défendre pour lui. De la Finlande au Pays de Galles, il connait au moins avec un coefficient 2 toutes les manches. Ses résultats ? Un seul en Corse ... Force est de constater que Camilli n'a pas brillé. Mais peut-on exiger qu'un pilote qui débarque en WRC après seulement quelques courses au volant d'une R5, fasse un coup d'éclat ? C'est ce que nous allons voir avec Teemu Suninen. 

Le finlandais fait mouche au premier coup. 

A l'heure actuelle, c'est 3 résultats au volant d'une WRC 2017 pour le finlandais.  

En Pologne 2017, il arrive avec un coefficient de connaissance égal à 3, il finit 6ème du rallye en réalisant son premier scratch ! De quoi faire des envieux ... En Finlande, il arrive avec un coefficient 4, et finit 4ème du rallye, au pied d'un podium qui lui a longtemps été accessible. En Suède 2018, coefficient de 3 pour une 8ème place à l'arrivée, sans forcer. 

Quelles conclusions en tirer ? 

Camilli surclassé, Suninen choisi comme futur talent. 

Premier indicateur important, les sorties. Aucune pour Suninen, un - trop gros - paquet pour Eric. C'est paradoxal, quand on voit comment le finlandais conduit, on peut s'attendre au pire ... Certains appelleront ça de la chance, moi j'appellerai ça la chance du futur champion. Celle de Loeb ou Ogier, qui crèvent une fois par an quand d'autres crèvent à chaque rallye. 

Des sorties, on en déduit la régularité. 3 courses, 3 résultats honorables pour un début en WRC pour le finlandais. Qui plus est sur une WRC 2017, et une difficulté bien supérieure par rapport au passage R5/WRC 2016 pour Camilli. Côté français, la régularité est loin d'être au rendez-vous, que ce soit en WRC comme en WRC-2 d'ailleurs. Les sorties à répétition ont eu raison de la confiance que Malcolm avait en lui. 

Au plan des résultats, là encore, malheureusement, il n'y a pas photo. Suninen en 2 manches avait déjà réussi à battre Camilli sur une saison. 

A l'instant où l'on se parle, qui peut remettre en cause le choix de Malcolm Wilson  consistant à donner toutes ses chances à Suninen plutôt qu'à Camilli ? Aurait-il été raisonnable pour M-Sport de renvoyer Suninen en WRC-2 pour 2018, et de mettre Camilli sur la Fiesta WRC aux côtés de Ogier et Evans ? Rien n'est moins sûr ... Le choix du boss semble cohérent, logique et évident. 

L'expérience a-t-elle parlé ? 

Ramenons désormais ces éléments de comparaison au facteur décisif que constitue l'expérience en rallye. Est-elle comparable entre les deux pilotes ?

Eric commence véritablement sa carrière en 2013 en championnat de France. Il est lancé en mondial à l'ADAC 2014. En 2015, il abandonne la France pour se concentrer sur le mondial avec pas moins de 8 manches à son actif.

Côté finlandais, sa carrière commence véritablement en 2014, soit un an après. C'est en 2014 où il effectue le rallye de Finlande pour la première fois. En 2015, il a exactement le même nombre de manches en mondial que Camilli, soit 8 épreuves à son compteur, match nul entre les deux ! En 2016, pendant qu'Eric court en WRC, il effectue 11 manches en mondial au volant d'une Fabia R5, pour retomber à 8 manches en 2017 (programme partiel en WRC). 

Peut-on dès lors affirmer qu'en 2016, Camilli avait moins d'expérience que Suninen en 2017 ? En fait, on constate qu'il y a un an de décalage entre les deux. Suninen a continué le WRC-2 1 an, pendant qu'Eric évoluait en WRC. Peut-on en conclure qu'une saison de plus en R5 aurait permis à Camilli de gagner en régularité et de définitivement écarter Suninen ? 

Voici un graphique qui récapitule les seules manches sur lesquelles ils ont eu la même auto : une Fiesta R5. Les points attribués sont fonction du classement scratch du pilote. 

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En 2015, Eric gagne le match, et c'est d'ailleurs ce qui lui vaut son cadeau - empoisonné ? - d'être nominé sur la saison 2016 aux côtés de Mads Ostberg sur la Fiesta WRC. A son retour en R5 en 2017, il cède du terrain sur Suninen, malgré une fin de saison un peu sauvée ! Certes l'on peut dire que la saison 2016 cataclysmique qu'il a vécu ne l'aura pas mis dans de bonnes conditions pour reprendre le volant d'une R5 en 2017. On peut aussi dire à l'inverse, selon le témoignages de plusieurs pilotes ayant vécu la même expérience, que rouler dans une WRC décuple les réflexes, et que l'on se sent beaucoup plus à l'aise lors d'un "retour" au volant d'une R5. 

En octobre 2017, Camilli signait au Wales sa plus belle performance, en confirmant son résultat de l'ADAC et en battant une nouvelle fois Suninen. Si Malcolm avait réagi comme en 2015, il aurait sans doute confié le volant de la Fiesta WRC à Eric Camilli plutôt qu'au finlandais. L'histoire nous a montré qu'il n'en a pas été ainsi...

Camilli s'est vu gentiment remercié, ce qui a - peut-être ? - sonné le glas définitif à sa carrière en championnat du monde des rallyes. 

Alors selon vous ? 

Malcolm a-t-il fait le bon choix ? 

  

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Guest

La grosse différence entre Camilli et Suninen, c’est l’enjeu dans leurs engagements en WRC.

Pour Camilli, c’était peut-être une année trop tôt, mais il a surtout était promu pilote numéro 2 de l’équipe, dès sa première saison. La pression devait être énorme. Sans bons résultats, l’équipe ne marquait pas ou peu de points. Il a certainement dû compenser son manque d’expérience en surconduisant, et en prenant trop de risques. Résultat, beaucoup de sorties et une grosse déception.

Suninen, au moment où il débarque en WRC, il est 3ème pilote du team. Personne n’attend rien de lui. C’est d’abord à Ogier et Tanak / Evans de faire le job. Lui, c’est l’éventuelle bonne surprise, le p’tit bonus du team. Du coup, ça doit quand même enlever un paquet de pression, et permettre au pilote de se concentrer sur le pilotage.

Lorsque Malcolm met Camilli dans le baquet de la WRC, il croit en lui. Il est persuadé que le potentiel est énorme. Il aurait certainement préféré le mettre en R5, mais avait-il le choix? La situation de M-Sport, sportive et financière (sponsoring) ne permettait pas d’aller chercher d’autres pilotes, si ce n’est des pilotes payants expérimentés tel que Ostberg ou Peter Solberg. Mais on le sait, Wilson aime miser sur les jeunes, et son choix était certainement le bon. Avec Ostberg, il s’assurait de bons points, et avec Camilli, il espérait la révélation.

Le fait qu’il donne encore une chance à Camilli cette année en WRC2, est certainement la preuve qu’il est conscient de l’avoir lancé dans le bain trop tôt, et qu’il croît vraiment en son potentiel.

Suninen peut très bien se casser les dents sur les 7 manches WRC qui lui restent, et si en parallèle Camilli remporte le WRC2, on sait qui l’on retrouvera l’année prochaine en WRC. 

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Intéressant ce topic ! Je vais tenter d'apporter mon point de vue en me basant sur pas mal d'infos glanées sur ewrc results, le site d'Eric et quelques communiqués Oreca pour Teemu ect. C'est mon ressenti personnel donc cet "avis" n'engage que moi.

Pour résumer un peu le propos, je pense que les deux sont pétris de talents et peuvent aller loin. Quand on voit l'expérience en mondial de certains "seconds couteaux" et d'autres à qui on a longtemps laissé leurs chances avant d'avoir LE déclic... l'un a su se montrer pile quand il le fallait avec ses 2 piges en WRC '17, l'autre a eu des hauts et davantage de moments difficiles dans la catégorie reine.
Mais pour les décideurs, team manager ; c'est ça qui compte au moment où les places en WRC sont chères avec beaucoup de prétendants : les résultats dans la catégorie reine.
C'est aussi ce que nous retenons principalement... leurs bonnes ou mauvaises performances en WRC ; en occultant parfois à tort ce qui se cache derrière. L'expérience, la confiance, les conditions, les consignes quand on est pilote officiel... Il faut bien prendre en compte cela ; tu en parles d'ailleurs dans ton analyse.

Je vais faire un long retour sur la saison 2015 ; les découvertes des R5, des manches, leurs premières confrontations...


2015
Eric se lance en 2015 avec Oreca dans une campagne WRC 2 avec pour seule expérience en WRC l'ADAC 2014 au volant d'une DS3 R3T (avant accident dans l'ES10 ; il était en tête devant Lefebvre le futur vainqueur du WRC3/JWRC) et le rallye de France où il finit second ; devant Lefebvre. La vitesse est là sur des manches qu'il ne connaît pas ; c'était sa 3ème /4ème course seulement avec l'auto.
La même année, il fait un galop d'essai dans la catégorie supérieure en 207 S2000 avec l'Antibes (quelques soucis meca je crois) puis le Tour de Corse (ERC) où il décroche une belle 4ème place pour son 2ème rallye seulement au volant d'une 4 roues motrices. Malgré quelques soucis de perte de puissance et gêne de concurrents ; il finit à 2mn20 de Sarrazin et sa RRC !

 

Revenons à nos moutons (non pas Michèle) ; la saison 2015.

 Début au Monte Carlo ; 3ème manche WRC, 3ème rallye en 4 roues motrices, 1èr Monte Carlo et 1er roulage en R5... il perd plus de 4 minutes dans la première ES sur crevaison (d'après son site) mais dès la suivante fait le scratch du WRC 2 devant Maurin, Breen, Lefebvre...
Festival sur la 3ème journée ; 3 temps scratchs sur 3 (1 ES en liaison) ; il reprends Lefebvre à 1mn25s et Breen à 1mn55s sur la boucle.
4ème étape ça commençait bien ; scratch dans la 1ère ES mais il tape une pierre sur suivante et perd 2mn30. Il finit donc 4ème des WRC2/RC2 ; à 5mn de Lefebvre. Je trouve que la performance est belle ; sur un Monte Carlo réputé difficile performer d'entrée.

 

- Portugal : ça commence mal avec une petite faute lourde de conséquences dans le 1er virage de la Super Spéciale. Sur un terrain inconnu/première sur terre en 4 roues motrices ; il reprend doucement le rythme et au fil des kilomètres signe des tops 5 voir top 3 de spéciale avec un plateau RC2 relevé ! Deux soucis mécaniques lui empêcheront de finir la 2ème et 4ème journée.
- Quelques événements en Sardaigne, mais plusieurs tops 5 avec toujours un plateau relevé et son premier scratch RC2 sur terre.
En Finlande ça attaque fort avec le 4ème temps dans la première "vraie" ES ; mais un virage mal noté (un peu comme en Suède 2016 ?) et c'est une grosse sortie dans la suivante. Il repart le lendemain et la confiance revient avec des tops 3/5 ; la vitesse est là mais l'apprentissage pas évident.

- ADAC ; première confrontation avec Suninen. C'est une première pour ce dernier en Fiesta R5 mais il a déjà fait 6 rallyes depuis le début de l'année en Fabia S2000 dont la Pologne (j'y reviendrais) ; et un rallye autrichien en préparation à l'ADAC qui se solde par une sortie. Contrairement à Camilli, il n'y a jamais roulé et globalement moins d'expérience tarmac. Eric roule tranquillement, avec de bonnes sensations sur asphalte et augmente un peu le rythme sur la fin du rallye. Il finit second à 4mn de Kopecky mais sur la fin du rallye signait des temps avec/devant Lappi (qui roulait le couteau entre les dents suite à son passage en super rallye). Pas d'erreurs, ça va au bout pour le français !
Suninen finit 3mn plus loin, ayant pris peu à peu un bon rythme sur la surface.

- Pologne : Teemu y participe donc avec la S2000 et y est performant ; ce style de route que l'on retrouve un peu en Finlande lui sied bien. Il y fait de jolis temps et finit 6ème du RC2 à 5mn25 de Lappi qui a bien plus d'expérience et roule en R5.

- TDC : On retrouve nos deux protagonistes ensemble.
Conditions très compliquées pour cette édition ; d'après son communiqué Eric part prudemment sous la pluie le premier jour  et perds plus de 2mn30s sur crevaison le lendemain.
Par la suite, une belle remontée et des temps de spéciales avec le duo de tête Maurin/Lappi ; pour au final prendre la 3ème place du podium devant Breen.
Suninen fait une course tranquille derrière ; sans incidents. Il finit 45s derrière Eric ; mais est plus loin en performance pure sur les ES.

- Catalogne : Sur la première journée terre, Suninen est devant Camilli au général mais ce dernier fait quand même quelques meilleurs temps d'ES. Dans la spéciale 6, Suninen fait une touchette qui l'oblige à s'arrêter au bout de 2km d'ES.
Sur asphalte, Camilli enchaîne 6 top 2 dont 3 scratchs (devant Kopecky, Tidemand, Lappi...
Il crève dans la SS de 2kms et a des ennuis mécaniques par la suite qui l'empêchent d'accrocher un joli podium.
Suninen lui poursuit tranquillement son apprentissage avec quelques tops 5.

- Wales : Suninen gagne 19s2 devant Camilli... Eric avait 32s6 d'avance sur Teemu à deux spéciales du terme mais perd son avantage sur soucis moteur. De nombreux scratchs d'Eric qui impressionne et montre qu'il peut être très rapide sur terre également.

 

A partir de là l'histoire nous la connaissons ; suite à sa belle saison, Malcom donne sa chance à Eric en tant que numéro 2 et le lance dans le grand bain du WRC.
Après coup c'est facile de critiquer ce choix mais était-ce si évident que ça à l'époque pour Malcom (ne fallait il pas mettre en Evans en WRC, beaucoup plus experimenté, et Eric en R5 pour mettre en avant la nouvelle Fiesta "Evo" ?) Mais pour Eric... on ne va pas refuser une place de pilote officiel !

 

2016
L'année 2016 sera compliquée pour lui. Au delà de la pression, des responsabilités qui découlent d'un statut de pilote officiel n°2 ; des consignes ; sa saison commence très mal avec deux abandons en début de rallye. Caisse touchée les deux fois, pas de super rallye, pas de roulage supplémentaire, confiance au plus bas, on lui met la pression à droite à gauche...

 

- Au Monte Carlo après les ES de nuit, il fait un prometteur 5ème temps sur la plus longue ES de la boucle... devant de sacrés cadors et son coéquipier. Il se fait malheuresement piéger  à basse vitesse ; sur du verglas ; comme d'autres (Paddon Kubica et d'autres au même endroit ; je sais plus si c'est Evans et/ou Maurin qui seraient allés au trou sans l'auto de Kubica qui les a remis dans l'axe).


- En Suède, pour sa première là bas ; il commence doucement avant d'hausser le rythme et claquer deux 7ème temps. Il sort dans la première de la boucle du lendemain hélàs... mal réveillé ? Non, un virage mal noté lié à son manque d'expérience... dommage ; mis pour à bout en prenant en compte le manque d'expérience et la sortie au Monte Carlo ; c'était bien parti sur un terrain difficile.

-  Mexique ; déclaration au départ "Ce weekend je veux juste finir le rallye pour bâtir ma confiance" ça veut tout dire. Crevaison, petits soucis, rythme tranquille, expérience debalayage le dernier jour en étant le premier sur la route pour celle de 80km.
8ème en Argentine puis 5ème au Portugal, 6ème en Sardaigne... la confiance revient ; il fait le job : prendre de l'expérience et finir les rallyes, remporter des points constructeur, il n'est pas là pour enfiler les scratchs surtout sur terre ( plusieurs tops 2ème/3ème places sur les ES Sardes cependant, avec un scratch dans l'ES17).

- Sur une bonne lancée ; il arrive en Pologne sur un terrain assez particulier ; un peu de mal pour sa première là bas et quelques soucis en recos (oubli d'un accessoire ; notes pas top) : il est 8ème avec un incident en fin de rallye. Finlande assez similaire ; sauf que ça se finit par une sortie de route.
Il arrive au rallye d'Allemagne avec 2 jours de tests ; c'est un rallye qui lui plaît et il est attendu... il sort dès la 1ère ES, déception ; le reste du week end on ne peut pas bien analyser... il n'a pas le droit à une seconde erreur.

- Corse, Espagne (soucis mécaniques), Wales (crevaison) il prends de l'expérience sans faire de coup d'éclat ; mais il a les consignes d'apprendre sans faire d'erreur et la pression avec cette saison en dents de scie.


Après quelques tops 5 ; il finit sa saison d'officiel en WRC sur le toit à 2 spéciales du terme du rallye d'Australie... frustrant ; un peu à l'image de sa saison. Il a joué de malchance en début de saison ; fait quelques bons résultats par la suite mais en découvrant beaucoup d'épreuves ; pression de rapporter des points et plus le droit à l'erreur ; la pression devait être maximale.

Pendant ce temps là, Suninen enquillait les bons résultats en WRC2 et prenait un maximum d'expérience et de confiance ! Quelques soucis sur 3/4 épreuves mais globalement très positif.

 

2017 : Pige en Fiesta WRC '17 pour Suninen
Le choix de la Pologne et la Finlande pour tenter de se "montrer" est bien entendu mûrement réfléchi ; c'est un Finlandais et il est particulièrement à l'aise sur ce type de terrain ; et a déjà effectué ces manches à 2/3 reprises. Bien sûr le gap R5/WRC '17 est important mais avec les tests, shakedown, et surtout une énorme attaque et gros grain de folie il a compensé.

Il a impressionné avec un temps scratch dès sa 7ème ES en Pologne ! Et des passages flatout plus que limite... j'ai cherché rapidement mais j'imagine qu'il y en a davantage. Cerveau débranché, ça passe ou ça casse ; il n'avait clairement aucune marge et sur pilotait parfois.
S'il s'était sorti en Pologne ; l'histoire serait peut être différente. J'ai cru comprendre qu'il avait de bons sponsors mais le capital confiance n'aurait pas été le même pour la Finlande.

https://youtu.be/ibEe6OmmJu4 (Pologne)

 

 

Mais c'est passé (il perd son podium suite à un passage "too much" en Finlande ; déjà de la chance de pas abandonner vu le crash. Il finit 4 quand même avec de sacrés chronos). C'est ça le truc ! Lui n'avait pas de consignes ; il y avait déjà 3 autres pilotes officiels Ford + Ostberg.

Il est là pour se montrer ; pas prendre de l'expérience ou assurer un top 6. Bien sûr c'est mieux de finir et ramener l'auto mais ses 2 manches sont peut être ses "seules" chances d'accéder à la catégorie reine donc il dégoupille.

Sa (ses) performances pour des premières en WRC sont énormes mais pas vraiment comparable avec la saison 2016 de Camilli pour tout un tas de raisons. On aurait aimé que ce dernier aille au bout de son Monte Carlo, ADAC pour montrer de belles choses (sans être à la limite ; il avait des consignes) mais ça ne s'est pas déroulé comme ça... pas sûr qu'on le revoit en WRC de sitôt.

 

 

La suite ?

Je ne sais pas de quoi son avenir sera fait et s'il a encore un deal avec MSport pour quelques manches en WRC 2... Il était sur le podium provisoire au MC à coups de secondes entre Kopecky et Sarrazin et un virage un peu large lui a été fatal. Parfois ça passe (voir Suninen plus haut) ; pas là.

Eric a montré une sacré pointe de vitesse en WRC2 en 2017 et qu'il avait malgré tout bien appris les manches.

Sans des soucis mécaniques/prise de notes ; il gagnait devant Tidemand le Mexique.

Tour de Corse je pense qu'il est là pour faire des temps et pas forcément finir en assurant : c'était le seul à accrocher Mikkelsen ; dommage qu'il sorte sur de la gravette.
Au RACC il était devant en tête du WRC2 avant la casse de son différentiel au départ de la dernière journée.
Suninen reste bien plus performant sur des terrains comme Pologne, Finlande (ou encore Suède) mais sur des autos semblables la différence entre les deux n'est pas folle ; loin de là !

 

Les places en WRC sont chères et tout va vite, très vite désormais. Quand on voit le temps laissé à certains pour faire leurs preuves en WRC ou d'autres qui écument les manches WRC en 4 roues motrices depuis des années... c'est frustrant. Même Tiedemand se retrouve à rempiler en WRC 2 après son titre.

 

Parlons en de Skoda : je ne sais pas ce qu'ils ont prévu pour le futur mais eux ont compris comment former des tops pilotes et leur donner toutes leurs chances pour arriver au plus haut niveau en leur laissant le temps ; avec des programmes aux petits oignons à l'international et des autos performantes/fiables.

Prenez Lappi par exemple ; il débarque en WRC avec 4 saisons en tant que pilote officiel Skoda (ERC/APRC/WRC 2) et une 5ème en 2012 sur des S2000 "privées" (déjà à l'époque du roulage sur des manches de mondial). Plus du développement sur la Yaris WRC.

Il est certes talentueux, mais tout a été fait pour qu'il prenne une expérience et de la confiance maximale pour maximiser ses chances une fois le pas de la catégorie reine franchie. Une "demi" saison en R5 ce n'était raisonnablement pas assez pour Camilli... on peut en dire autant de PSA avec Chardonnet (pas Evo :dent:), Lefebvre et une auto en retard homologation/moins fiable/moins performante.

 

Un excellent manager avec le bon plan de carrière associé pour son pilote (et l'argent/soutiens qui vont bien) jouent pour beaucoup dans la réussite ou non...

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C'est dommage qu'Eric n'ait pas eu plus de réussite sur son année 2017.

Certains comparent son année 2017, à l'année 2016 d'Evans, où lui avait réussi à se relancer.

Mais je trouve ça bien différent. Pour Evans avant sa rétrogradation, il avait enchaîné plusieurs saisons en montant de gammes à chaque fois, et surtout 2 saisons officielles WRC Ford.

Eric, lui, s'est retrouvé le cul dans l'officielle en l'espace d'un an, et sans avoir fait plusieurs trophées ou championnats nationaux.

Donc même son année de rédemption 2017, on peut dire que c'était encore de l'apprentissage. Et comme vous l'avez dit, le roulage et l'expérience sont plus qu'important à ce niveau. Donc plutôt que d'avoir un apprentissage serein, un peu dans l'ombre, il s'est retrouvé en 2016 et 2017 avec une pression énorme j'imagine. Pas facile pour se lâcher et apprendre tranquillement. Forcément avec ce statut, il a été beaucoup plus exposé, et donc les gens beaucoup plus critiques quant aux résultats attendus.

 

Je ne sais pas de quels soutiens bénéficie Eric, mais Suninen en face à l'air d'être bien accompagné vu qu'il va faire 7 manches en WRC nouvelle génération. Et ça, ça fait une sacrée différence... Pendant que le 1er doit essayer de monter un programme WRC 2, l'autre va enchaîner une moitié de saison au top niveau.

 

C'est un peu les Tanak/Evans de 2013. Et ça serait décevant de voir disparaître l'un comme l'autre.

Par contre, une donnée très importante :

Camilli : 1987

Suninen : 1994

Donc il y en a forcément un, pour qui le temps jouera en sa faveur :bah:.

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Analyse et points de vue très intéressants :bien:

Pour revenir sur Skoda, il est bien évident qu'ils sont actuellement et depuis maintenant de nombreuses années, à former correctement les pilotes. D'ailleurs on peut s'en amuser ... Les former correctement quand il y avait encore VW en WRC, ça avait du sens, mais maintenant ils les forment pour qui ? Skoda n'a aucun lien capitalistique que je sache, avec Toyota, Citroen, Hyundai ou Ford ... Et former un talent dans une catégorie "inférieure" pour l'envoyer gagner des rallyes voire des titres avec une marque concurrente, je comprends pas trop l'intérêt. Ok ils ont une bonne image, mais risquent de passer pour les pigeons de service ... 

Et encore quand on dit former, il faut uniquement retenir les pilotes officiels évidemment. Certains font seulement quelques rallyes avec, pour moi ceux là ne sont pas forcément aidés ... Tidemand Lappi étaient les deux espoirs, mais aujourd'hui qui peut se targuer de dire de manière définitive : "je ferai 2 saisons en R5 avec Skoda" ? 

Ca se complique pour tout le monde malheureusement, et il semble que désormais, il faille déceler les talents au "one shot", c'est à dire comme a fait Malcolm avec Camilli et Suninen ... 

Fini le temps des Loeb et Ogier qui montent progressivement en puissance. Aujourd'hui, une victoire sur un rallye WRC2 peut permettre d'avoir un baquet en WRC 2017. Pourquoi ? Sûrement parce que le niveau en WRC 2017 n'est pas à son apogée ... Et on le voit bien ... Paddon, Breen, Sordo, Evans ... Des pilotes qui peuvent tous gagner un rallye, qui sont tous très différents en termes d'expérience et autres, mais qui ne pourront jamais inquiéter un Ogier ou un Neuville sur un championnat entier. Pour moi ce sont des pilotes qui sont là par défaut. On est loin d'un Hirvonen, Solberg, Gronholm etc. 

Mais les talents ça s'invente pas. Y'a une part de travail et d'expérience à acquérir avec des championnats réguliers comme le propose Skoda, mais y'a surtout une groooooosssse grosse part de talent. Et ça, tu l'as ou tu l'as pas. On pourra toujours apprendre à un pilote à ne pas sortir, mais on ne pourra pas lui apprendre à gagner. La meilleure preuve : Tanak, dont personne n'a jamais douté de la pointe de vitesse. Il sortait, il cassait des voitures, mais il faisait des coups d'éclats. Au MC 2017, déclic mental probablement ... ou tout simplement auto plus à son habitude. Il ne sort quasiment plus et se bat pour le titre 2018 ... 

Alors pour ce qui est de Camilli / Suninen, c'est très compliqué de les comparer à expérience équivalente, connaissance des manches équivalentes, voitures équivalentes etc. C'est quasiment impossible de comparer 2 pilotes, quels qu'ils soient, parce qu'au final, pas un ne se ressemble en termes de carrière ... 

Est-ce que Suninen a mieux réfléchi pour choisir ses manches, est-ce qu'il a bénéficié de moins de pression, est-ce qu'il a eu la chance de ne pas sortir au bon (ou plutôt au mauvais pour la Finlande) moment ... ? Certainement oui. Camilli n'a pas eu cette "chance" dans toutes ses sorties. Mais la chance en rallye, on sait ce que c'est ... Est-ce que crever, c'est manquer de chance ? Je ne pense pas ... Bizarrement, certains ne crèvent jamais. 

Pour ses sorties sur du gravier, ou en touchant un pont et tordant une roue, ou en se posant sur un fossé ... Ses supporters nous disent "ce sont des sorties connes". Bah pour moi je suis désolé mais c'est pas plus une sortie conne que faire 10 tonneaux ... Que tu sortes à 10 km/h ou à 160, le résultat est le même, tu n'as pas su apprécier correctement la marge d'erreur et tu es parti à la faute. 

Ce qui compte là, c'est de se mettre dans la peau de Malcolm et de réfléchir à comment on aurait agit à sa place fin 2017, avec les moyens dont il dispose (écurie privée à l'époque, donc y'a pas Tavares pour rincer à coup de millions). Quelles que soient les circonstances des résultats, y'en a un qui claque des scratchs au premier rallye en WRC, l'autre qui plie des caisses. A partir de là ... 

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Tout cela est trés pertinent, mais ce qui compte maintenant c'est de frapper les esprits et vite ! Quand un type touche une WRC et qu'il fait tout de suite des gros temps , c'est énorme et ce le cas de Suninen, de Breen ou de Lappi. Aprés les Camilli ou  Lefebvre qui roulent pendant 3 ans en declarant à l'arrivée de chaque rallye "on a pris du plaisir, on a appris et progressé" , quand ils se trouvent face à la concurrence de la Gazoo accademy ou des types avec des budgets et 17 ans aux cerises et bien ils prennent la direction du rallye du Touquet. ?

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C'est dit d'une manière assez crue mais tellement vrai ... :bien:

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Le 26/11/2018 à 20:10, Mako a dit :

Camilli au Mte Carlo sur une Polo.

J'avais pas vu ce message ! :bien:

Si c'est confirmé c'est une bonne nouvelle pour lui ça, en espérant que son chat noir le lâche un peu !! 

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