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M-Sport et Ogier, une victoire à la Pyrrhus ?


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Il est des saisons qui marquent une discipline d'une empreinte indélébile, que ni l'histoire, ni l'oubli ne peuvent atteindre. Sans nul doute, le WRC vient d'en connaître une en 2018. Cette saison qui remotive les fans et qui ranime les passions un temps enfouies dans la routine qu'engendre un championnat peu disputé. 

Si d'aucuns imaginaient Sébastien Ogier s'effondrer et mettre ainsi un terme au règne français sans partage depuis 15 ans en rallye, c'était sans compter sur son attribut principal, celui qui transforme un champion éphémère en un champion légendaire. Le calme. La résilience. 

Curieux hasard des calendriers dirons nous, que de retrouver au sommet de la pyramide du rallye mondial deux Français, deux Sébastien, deux pilotes hors du temps. Deux hommes qui nous feraient presque douter du niveau de la concurrence en championnat du monde, le temps d'un instant, puis de réaliser ensuite que l'exploit accompli ne doit pas être relativisé pour de mauvaises raisons. 

Analyse à froid d'une saison pleine de tensions, de rebondissements, de doutes. Une saison qui aura vu la consécration d'un cannibale. 

S'il est quelque chose qui marque sur le visage de Sébastien Ogier devant la caméra, c'est probablement son attitude. Un peu désabusée parfois, ironique souvent, honnête, toujours. Voilà un homme qui domine la discipline depuis plusieurs années maintenant, et qui a dû composer avec les règlements FIA les plus stupides qu'il puisse exister. En 2016, le leader du championnat du monde ouvrait la route pendant les deux premiers jours de compétition, pour le plus grand bonheur de ses concurrents. Depuis 2017, cette règle anti-sportive a laissé la place à une autre aberration : celle de faire partir le deuxième jour de course le pilote le moins bien classé la veille. 

Si l'impact du balayage en WRC a longtemps été passé sous silence, et ce notamment en raison de la surpuissance du team Volkswagen Motorsport, il est réapparu en 2017 et en 2018. Le comble la situation est probablement de constater que la planète rallye s'émerveille au sortir d'une saison pleine de suspense, cette même planète rallye qui n'oubliera pas que, si le règlement FIA était plus juste, l'issue du championnat 2018 aurait peut-être été scellée bien avant la dernière course. 

Résultat de recherche d'images pour "rallye sweden 2018"

Au lendemain du Monte Carlo fin janvier, Sébastien Ogier a accompli la lourde tâche d'ouvrir sur un rallye de Suède abominable quant aux conditions climatiques. Ses chances de bien figurer au classement général, Ogier a très vite compris que le seul gain potentiel à retirer de ce rallye était sans doute de glaner les points de la power stage. Remarquable a été sa capacité à faire la transition entre le début de l'épreuve suédoise et la dernière spéciale, celle sur laquelle son week-end pouvait être sauvé. Faisant preuve d'un calme forçant le respect dans cet ascenseur émotionnel très brutal, Ogier a réussi à ramener 4 points précieux. Week-end gâché diront certains ? Le début de la guerre plutôt. 

La suite prochainement ... 

 

 

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Au départ de l'épreuve mexicaine, Sébastien est comme un lion en cage. L'injustice dont il a fait preuve en Suède a transformé son formidable résultat en principauté de Monaco en une victoire amère, comme si le fait de remporter un prix était un cadeau empoisonné pour la manche suivante. 

Alors que tous les français restent concentrés sur la performance étonnante de l'autre Sébastien (Loeb), Ogier, lui, reste droit dans ses bottes. Sa course n'est pas là, à se mesurer à un nonuple champion du monde, certes jamais très loin des affaires, mais retraité du WRC à temps complet, qui ne jouera pas le championnat.

Alors que Neuville et Tanak plongent au général, Ogier montre les crocs, et assène rapidement le dernier coup en s'envolant vers la victoire. Une victoire malheureusement encore en demie teinte, quand il apprendra que sa deuxième place dans la power stage aura été invalidée au motif d'une chicane heurtée. 4 points qui s'envolent, mais une gnaque qui se renforce, petit à petit. Quand tout se dresse contre un homme, il y en a certains qui, pris de panique, choisissent au dernier moment de laisser filer le destin et, en quelques sortes, de remettre son sort entre les mains des autres. Il y en a d'autres, Ogier en fait partie, qui voient ce mur comme un obstacle à franchir, et qui une fois franchi, décuplera toute la satisfaction de l'avoir fait. 

En Corse, Ogier est survolté. Bis repetita, puisqu'il coiffe tous ses adversaires et finit par s'imposer avec cette fois-ci 3 points dans la power stage. 

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Commence alors une longue période de traversée du désert pour lui. Un rallye d'Argentine moyen, un joker utilisé au Portugal, une épreuve sarde satisfaisante mais qui voit son principal rival s'imposer avec 30 points, un été morose en Finlande et en Allemagne, et enfin une terrible déception en Turquie, alors que Thierry Neuville avait commis une lourde erreur. 

Pourtant, pendant tous ces rallyes "sans", Ogier n'a eu de cesse d'aller chercher les points là où ils étaient. Des courses à chaque fois millimétrées, dans lesquelles le français restait concentré sur un seul objectif : soulever le titre le 18 novembre en Australie. 

Jamais Ogier n'a dévié de sa trajectoire. Voilà un pilote qui a le sang froid, glacé même. Un homme imperméable aux changements de température et de pression. Ogier, c'est un peu comme un avion. Il s'adapte à chaque changement d'altitude et aux conditions météorologiques. Aux commandes, il règle bien-sûr tous les paramètres. Ne pas surpiloter, ne pas s'emballer, ne pas se laisser aller, ne pas trop ralentir. Mais en apparence, c'est le même. Rien n'a changé. La carapace est intacte. Il encaisse les coups sans qu'ils ne l'atteignent. 

Autre qualité nécessaire pour la gagne, Ogier est un éternel perfectionniste. Non seulement rien ne passe à travers lui, mais surtout lui ne laisse rien passer non plus. On peut dire qu'il n'a jamais rencontré le hasard, ce mot que l'on emploie souvent pour justifier une sortie de route ou au contraire pour amoindrir une performance. Un mot qui colle bien aux pilotes moyens. Mais pas à Ogier, non, pas à Ogier. Le gapençais maîtrise tout. Il sait tout, et ce qu'il ne sait pas, il finit par le savoir en temps et en heure. 

Qui dit perfectionniste dit aussi une capacité à percuter très rapidement. On connait tous des pilotes qui font des erreurs pendant 1 an, 2 ans, 3 ans, 4 ans, puis qui, au fil des années, apprennent de leurs erreurs et finissent par trouver une certaine constance dans la performance. L'exemple parfait en est Ott Tanak, dont on n'aurait pas parié cher il y a 4 ans, mais qui aujourd'hui fait figure d'épouvantail. Ce qui différencie Ogier de Tanak ? La rapidité dans la compréhension des grands enjeux. Ogier sait avant chaque rallye ce qu'il doit faire, et ce qui arrivera s'il ne le fait pas. Ogier a toujours un coup d'avance. Neuville ? Toujours un coup de retard devrait-on dire. Rappelons nous de l'Australie, où l'on était tous assez sceptiques sur la stratégie de Ogier de passer devant au championnat au soir de l'Espagne pour seulement 3 petits points, laissant ainsi Neuville avec un petit avantage en Océanie. Et pourtant, pourtant, comme disait Charles Aznavour, qui aujourd'hui peut remettre en cause la tactique, qui consistait à appliquer l'adage "tout ce qui est pris n'est plus à prendre". Ogier percute vite, et surtout bien. 

Alors, il est difficile d'affirmer que ce 6ème titre est le plus beau. Le plus difficile à aller chercher, sans aucun doute. Il aura fallu un Ogier impeccable du début à la fin pour s'imposer. Un Ogier comme on le connaissait déjà. Intraitable. Un Ogier qui n'a rien - ou quasiment - rien donné. Un putain d'égoïste qui garde enfoui les secrets de la performance inégalable, celle qui vient démoraliser les adversaires au pire des moments : celui où ils croyaient tous. 

Résultat de recherche d'images pour "ogier 2018 coupe titre champion"

Reste à savoir une chose. 

Est-il prêt à rééditer l'exploit avec un 3ème constructeur ? 

Rendez-vous dans un peu moins de 2 mois, sur les spéciales, ou sur Spirit of Rally. 

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Toute série est faite pour s'arrêter, enfin si elle s'arrête un jour.

Il ne faut pas oublier que lors du MC 2017 il profite d'une petite erreur de Neuville dans la dernière ES du samedi alors que ce dernier avait 51 secondes d'avance. Un scénario du même style mais inversé avec une crevaison de SO qui permettrait à TN de lui passer devant peut aussi s'écrire en 2019.

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Il y a 21 heures, RP14 a dit :

Toute série est faite pour s'arrêter, enfin si elle s'arrête un jour.

Il ne faut pas oublier que lors du MC 2017 il profite d'une petite erreur de Neuville dans la dernière ES du samedi alors que ce dernier avait 51 secondes d'avance. Un scénario du même style mais inversé avec une crevaison de SO qui permettrait à TN de lui passer devant peut aussi s'écrire en 2019.

En effet, mais toute victoire en sports mécaniques est lié, également, aux erreurs et problèmes des autres concurrents...
Et c'est ce qui fait que c'est (ou ce devrait être... merci la maFIA) palpitant :jap:

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