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G-Man

Spirit of vécu

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Après la parenthèse aéronautique, revenons au rallye avec cette très courte. Comme je l'ai dit plus haut, mon copipote Jean-Luc avait une confiance aveugle en mes facultés à rester sur la route (et il est vrai que je ne l'ai mis dehors qu'une fois pour le compte, et encore pas bien fort). Mais il y avait un et un seul virage qui lui filait les jetons sur toute la saison, précisément celui-là : le gauche qui jette à Saint Roman de Codières, dans "la vraie" Cadière d'antan, qui commençait justement au village de la Cadière et s'achevait 36 bornes plus loin à Lasalle.

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Complètement irrationnel (mais qu'est-ce qui est rationnel dans notre passion :???: ?), parce que rien que sur un Critérium des Cévennes il y a cent endroits bien plus dangereux. Mais chaque fois qu'on y passait en recos, j'avais droit à un "P...ain, celui-là, j'arrive pas à m'y faire !" En plus, à la sortie, il y a une surlargeur qui permettrait à la limite de faire un tête à queue sans rien toucher. Inutile de dire que j'en rajoutais une petite dose à chaque passage en course, ce qui aurait peut-être pu mal se finir si je n'avais pas arrêté de courir :langue:

Si bien qu'un beau jour, j'entends cette note surréaliste dans ma phonie :

" D 120 long sur G 80 jette au col me fais pas peur s'il te plaît". :lol:

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Dis-donc, quand tu t'y lances, tu ne fais pas dans la brève de comptoir ! :lol: :jap: :bravo:

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il y a 11 minutes, Zoréol a dit :

Dis-donc, quand tu t'y lances, tu ne fais pas dans la brève de comptoir ! :lol: :jap: :bravo:

Je te remercie BipaPH..! J'ai une très bonne mémoire mais peu de vécu perso en Rallye.

Donc le peu que je puisse rapporter est effectivement susceptible de comporter pas mal de détails..!

J'ai plus de souvenirs de Rallyes de mes parents mais comparativement moins de détails, trop

môme..!

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En tout cas c'est super bien raconté,  les details sont croustillants  (comme le crayon) 

Merci Rapido :clindoeil:

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 :clooneymdr: 

:clooneylol:

Qu'est ce que j'adorerais entendre ce genre de choses sur le mondial actuel , y a matière et ça nous changerait .

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Le monde est petit.

C'est pas tout a fait du rallye,  mais ça tourne autour. 

Dès que le virus du rallye m'a titillé,  en 1986, je n'ai eu de cesse d'écumer tous les rallyes du coin, et même de plus loin.

Bien sûr,  le sprint de La Bresse qui se déroulait à 2 pas de chez moi monopolisait l'essentiel des intérêts de la petite bande de potes qui usions nos pneus à vitesse grand V dans toutes les petites routes des environs, au grand dam  de la population locale. 

Autant dire que c'est sur ces 5 km en montée que nous avons tous , le teint verdatre mais le pied droit ou le cahier de note fretillant, etrenné nos licences et nos premières voitures de course.

Un passage surtout captait notre attention:  Machais, serie de pif paf  avec un pont en bosse sur un grand droite en 4 très bosselé où se concentrait la moitié des spectateurs , et où beaucoup d'espoirs et de caisses se sont brisés. 

Et puis, après 4 participations, une passion intacte à  l'inverse de mes finances ,  j'ai pris une année sabbatique histoire de calmer un peu  les exhortations de mon f...king banquier à régulariser une situation qu' il jugeait beaucoup plus précaire que la réalité. 

Bref j'ai gardé quelque argent et en ai profité pour partir en voyage dans un pays qui m'a toujours fait rêver,  le Vietnam.

Arrivé à Hanoi avec mon cousin qui allait me copiloter quelques années plus tard,  nous embarquons dans un land cruiser presque neuf (770000km) direction Lao Cai dans le nord ouest. Un autre land cruiser de la même agence locale nous suit avec un autre touriste,  Parisien  lui.

Après une journée de route sur des routes où les pratiques de circulation foudroyeraient sur place n'importe quel chantre de la sécurité routière chez nous, nous arrivons tant bien que mal au pied d'un col direction Bac Ha.

La montée s'effectue dans un brouillard à couper au couteau 'le guide passe la tête par la fenêtre afin d'indiquer au chauffeur les obstacles de la route qui s'est transformée en piste défoncée. Le chauffeur lui s'obstine à rester en plein phares, tout comme les rares autres véhicules que l'on croise.

Arrivé à Bac Ha, il nous reste quelques km pour rejoindre notre "hôtel " par une piste encore plus exotique que la précédente. 

Il est environ 23h quand nous arrivons devant notre hébergement,  une salle vaguement carrelée donnant sur 3 pièces familiales  qui vont nous servir de chambre. Quelques villageois s'agglutinent autour d'une télé à la réception douteuse. 

 

Un Vietnamien s'avance vers le guide et lui tend un téléphone,  le guide explique qu' il doit repartir avec le chauffeur car l'autre Toyota a fait un tonneau dans le brouillard,  et nous invite à regarder la télé en l'attendant .

Ce que nous faisons après avoir commandé 2 bières. 

A l'écran,  un bêtisier sportif,  un goal qui se troue lamentablement,  puis une simca rallye 3 qui plonge dans un ruisseau... A Machais, au sprint de la Bresse.  

 

Edited by Bignonn
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Reconnaissance avec C.Vella
Belcastel Rallye du Rouergue 1988.

Me voici engagé avec Christian journaliste Auto Moto à l'époque, sur une Renault 21 turbo (piquée à Pierre Lartigue pour l'occasion) et Renault 11 Turbo pour reconnaître.
Une semaine fabuleuse où j'ai eu le bonheur de côtoyer les pilotes et copilotes que j'idolâtrais. Les sœurs Bertapelle, le Grisly et Tilber (lui je ne l'aime pas) Auriol et Occeli, Chatriot et Perrin, Béguin et Lenne, Pantia et PH. David, Baroni, Bulgaski et JM Andrié, M. Et Mme Oreille etc.. bref la crème du championnat de France des rallyes de ces années. Toute la semaine de recos nous nous retrouvions tous les soirs avec certains pilotes dans les hôtels entre Toulouse et Rodez. Inutile de vous énoncer les parties de rigolades et d'allumages dont se régalait de faire mon pilote aux pros de la route, qui pour certains n'osaient pas donner la réplique en faisant Amen à chaque parole.
Alors que le père Bul nous expliquait tout les petits trucs qui améliorent le comportement de la voiture (nous avions l'identique) Pantia nous dit les recos serait plus sympas si nous nous attendions les uns les autres ce qui éviterait un risque frontal auquel nous avons tous échappé plusieurs fois ces trois premiers jours. Demain soir nous finirons par Belcastel vous verrez c'est magnifique le soir.
Tous emballés par cette décision nous limons comme des jobards toute la sainte journée sans l'ombre d'une frayeur.
Dernière reco de la journée le final sur Belcastel.
Nous étions les premiers à partir, note en main tout ce passe à merveille. Le dernier quart de la spéciale est "in the box"
La nuit était bien tombée au moment où nous arrivions sur les hauteurs du village de Belcastel. Et d'un coup celui-ci s'illumina le château apparut comme par enchantement.
-" Put... Regarde c'est magnifique, regarde, regarde !" Me dit Christian !
Mais je n'ai pas eu le temps de voir ce qu'il me montrait, en levant les yeux l'épingle sur laquelle nous nous trouvions disparue de nos phares.
Ma forte diction du "NOOOON !" Lui fit tourner la tête et les pieds sur les freins nous glissions dans la forte pente du champ du père "François". Je n'entendais plus que
-"putain putain putain .... "Etc
Puis les phares ne se sont mis plus qu'à éclairer la vallée ce qui voulais dire que le vide approchait. Je me recroquevillais, serrais les mains sur ma tête et serrais les fesses un max. La voiture allait basculer dans le vide ...
Puis s'arrêta net et se mis à se balancer... Des bruits bizarres tout au tour de la caisse retentissaient. Dans la voiture nous retenions notre respiration. La peur au ventre, le trouillomètre a 0. Devant notre nez que le vide.
Le silence ...
Puis je ne sais pas pourquoi en regardant le village qui était plus bas à nos pieds la voix tremblotante je lui dit :
-" Ouais t'as raison c'est magnifique ! Et maintenant on fait quoi ?"
De nuit essayez d'y voir et ce n'est pas les lecteurs de cartes de l'ancien temps qui auraient pu nous montrer où nous étions !
Délicatement j'essayais d'ouvrir ma porte mais celle-ci était coincée. Il essaya lui aussi la chance voulu qui puisse l'entrebâiller. Il posa son pied et dans un soulagement il me dit je crois que je touche le sol.
Doucement il sortit de l'auto dans le noir complet, se mis derrière et m'encouragea à sortir. Ce que je fit avec la même douceur.
Le temps de m'extirper je l'entendais qui n'arrêtait pas de dire
"- oh putain ! oh putain ! on s'en sort bien"
Je le rejoins et avec ma puissante lampe de poche d'1 watt j'explorais la voiture. Elle était posée sur la caisse, roues ballantes, son nez dépassant d'un mètre dans le vide et tout autour enroulée de fils de fer barbelé. Solide les fers barbelés du Rouergue.
Ils venaient de nous sauver peut être pas la vie mais d'un joli saut.
Et bien sûr qui arrivait derrière ? Un troupeau de fous furieux qui au vu des traces qui n'y étaient pas au tour d'avant, ce sont arrêtés.
Et là je senti une (légère) vengeance de pilotes écroulés de rire. Sans compter les mots doux qu'ils rajoutaient. Mon pauvre journaliste ne savait plus où se mettre.
Le père "François" alerté par des voisins fit venir un tracteur qui nous sortit de ce mauvais pas à l'hilarité générale.
Ce devait être le mardi des recos il restait encore quelques jours avant le rallye. Quelques jours qui ont étaient assez difficiles pour mon pilote ou les blagues sur sa façon de conduire ont fusées à chacune des poses.
Le jour des contrôles techniques des journalistes sont venus interviewer Christian. Puis sur le clap de fin l'un d'eux se tourne vers moi et me lance en catimini :
-"Alors c'est beau Belcastel ! "
Tout le parc était au courant !

 

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Mars 89, conducteur du VR2. Première épreuve de la saison, l'Alpin Behra.

Peugeot Sport a comme d'hab' livré les pièces plus qu'à la bourre, et lorsque je passe au garage Enjolras, c'est la Berezina ! La 309 et la 205 Rallye sont arceautées et peintes, mais c'est bien tout pour la 205. Un peu mieux pour la 309 dont le circuit électrique et le moteur sont à bord, mais pas les trains ! Et les vérifs sont demain ! Par solidarité, je reste au garage une grande partie de la nuit et ça avance à une vitesse ahurissante : les mécanos de Michel sont vraiment des bons. Mais ils sont crevés : lorsque la 309 est finie, on la passe sur les balances. D'habitude, on met des jerrycans d'eau dans les baquets pour régler les hauteurs de caisse en tenant compte du poids de l'équipage, mais là, pas le temps : deux mécaniciens s'y assoient et je n'ai jamais vu personne s'endormir si vite. Une minute après s'être installés, ils sont dans les bras de Morphée qui les entraîne très loin !

Je repasse le lendemain en fin de matinée, c'est presque fini, il ne manque que deux-trois babioles sans importance : lecteurs de cartes, harnais, fixation des roues de secours et tout le tintouin. :ange: A 15 heures, on démarre, les vérifications à Sophia Antipolis ferment à 19 heures et ce n'est pas la porte à côté ! Michel dans la 309, Serge Calle dans la 205 pour effectuer un semblant de rodage sur l'autoroute et moi derrière dans un fourgon avec le plateau vide, on ne sait jamais ! :D:

Naturellement le convoi se fait serrer par les bleus au péage d'Aix en Provence. Avec son calme et son sens de la diplomatie coutumiers, Michel obtient une mesure de semi-clémence : les deux autos de course sont "exceptionnellement" autorisées à continuer sur l'autoroute, moi je reste en otage sur place pour la récolte de prunes :

" Les pneus non homologués, vous reconnaissez ?

- Oui, oui !

- Le bruit excessif, vous reconnaissez ?

- Oui, oui !

- L'absence de vignette, vous reconnaissez ?

- Oui, oui !

- La non-apposition du certificat d'assurance sur le pare-brise, vous reconnaissez ?

- Oui, oui ! Bon vous me mettez tout ça sur le compte des Concessionnaires Peugeot-France, vous avez l'adresse sur les cartes grises ! :langue:"

Et je repars lesté d'une belle liasse que je glisse dans le pare-soleil du fourgon. 

Du coup, ils n'ont même pas pensé à vérifier l'éclairage de la remorque, l'une de leurs marottes favorites. La récolte était sans doute assez bonne ! :lol:

Après les vérifs, on a le droit de reprendre les voitures qui sont d'un beau blanc de neige et nous passons une bonne partie de la soirée à faire toute la déco. Le lendemain à cinq heures, Serge Calle prend la 309 et moi la 205 Rallye et nous amenons les autos au parc fermé.

Pendant la course, Jean-Marc Ivens s'offre un petit teston dans une épingle, pas méchant mais suffisant pour casser le pare-brise et gondoler le toit. C'est juste avant un regroupement et les mécanos sont autorisés à intervenir dans le parc pour raison de sécurité. En dix minutes le toit savamment martelé est comme "sortie d'usine" et un pare-brise neuf monté. Les spectateurs qui assistent au boulot applaudissent chaleureusement la fin de l'opération ! Je vous l'ai dit, ce sont des bons ! :jap:

Finalement, pour une déco réalisée à la va-vite de nuit sur le parking de l'hôtel, nous ne nous en étions pas trop mal sortis ! :lol:

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Quelque part ailleurs, (mais ici tout de même, j'ai le don d'ubiquité ! :langue:) Rapido parlait du Var 86 et de la Metro de Didier sur trois roues. Je lui ai répondu que ce week-end-là, je courais le Fenouillèdes et qu'à l'assistance, on passait plus de temps à écouter sur RMC l'évolution du Var qu'à travailler sur les autos. Ce n'est pas tout à fait exact et ça vaut la peine d'être conté. :clindoeil:

Au premier tour, Christian Bruzi sur ses terres (j'ai déjà parlé de lui, rappelez-vous l'épisode de la 405 Mi16 paternelle et de son ABS) nous infuse plus que copieusement : il est carrément en tête du Gr.A devant la R 11 Turbo des très rapides époux Salignon, et des années-lumière devant nous. Quand je dis "nous", je parle de son copain Henri Chappelle, du regretté Vincent Martel (il allait se tuer de la plus bête des façons en faisant "le singe" dans un trial 4/4, l'auto s'étant retournée sur lui. :triste:) et de Mézigue. Si nous évoluons en Samba, Martel roule sur une très affûtée Opel Corsa (il est chef d'atelier chez Opel David à Manosque, vous savez la pub sur les autos de Dorche).

Dans cette première boucle, j'ai un boulon d'amortisseur arrière qui casse et Vincent a des soucis de boîte. A l'assistance -que nous faisons tout seuls comme des grands juste à côté l'un de l'autre- je change mon boulon et Vincent, lui, change carrément sa boîte sans aide extérieure :eek: ! Donc, pour ce premier tour nous n'écoutons RMC que d'une oreille distraite. Chappelle est devant, mais pas trop compte tenu de notre handicap et nous nous jurons d'aller le chercher. Quant à Bruzi, pas question, il est plus que hors de portée ! :bah:

Les évènements se précipitent au second tour : Henri casse un cardan et abandonne. Christian, lui, connaît une mésaventure peu banale : il entend soudain un grand bruit. C'est son... réservoir qui vient de tomber sur la route. Le temps de fouiller dans la trousse à outils, de trouver du fil de fer et de refixer plus ou moins bien l'indispensable accessoire pour que ça tienne jusqu'à l'assistance, il a laissé un quart d'heure dans l'opération et tombe dans les profondeurs : perte sèche si j'ose dire. :murAnim:

Nous voilà Vincent et moi à nous battre comme des chiffonniers pour ce qui est désormais la victoire de classe (et accessoirement la troisième place de groupe), à toi à moi sur les trois tours restants (l'épreuve en compte cinq), mais toujours dans le respect et la bonne humeur. :love:

Avant l'ultime confrontation nous comparons nos temps lorsqu'arrive un quidam pilote de Samba Gr.A également. C'est un gentil garçon, mais en me permettant une comparaison osée, si nous sommes Ogier, lui c'est Serderidis. Sa Samba rouge est "décorée" d'énormes pois jaunes de partout et tout le monde l'appelle "l'amanite" :lol:. Martel qui vient de plus loin le connaît moins que moi, mais il a pu voir ses temps au dernier Critérium des Cévennes. Le gars s'intéresse à nos temps puis nous déclare avec le plus grand sérieux du monde : "Vous allez trop vite, les furieux, je ne viendrai pas vous chercher aujourd'hui." Quand il tourne les talons, Vincent me demande : "C'est pas l'amanite, lui ? Il est pas bien, ce garçon, il a dû prendre un coup de soleil ! A sa place, je chercherais un médecin !"

Je viens de vérifier dans les archives pour ne pas vous dire de c... A l'arrivée, après 1h 27mn de chronos, je devance Vincent de 6 secondes. L'amanite est plus de 12 minutes derrière nous ! :w:

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Un copilote ça va, deux copilotes, bonjour les dégâts.

Rallye de Turquie 2003, j’officie dans le baquet de droite comme ouvreur de Seb « senior » (qui fait plutôt office de junior à l’époque).

Les nombreux orages qui se sont abattus sur Antalya les jours précédent le rallye ont contraint l’organisateur à revoir le tracé, parfois à gros coups de bulldozers. Résultats, une pile d’additifs pour le road-book (je vous laisse imaginer la séance de découpage / collage) et des modifications de kilométrages. Tous les calculs de consommations ont évidemment aussi dû être refaits. On se souvient du résultat : erreur sur le routier + calcul de conso erroné = panne d’essence pour le duo Seb-Danos. A l’époque le Rallye 2 n’avait pas encore été inventé et l’épreuve prenait donc pour nous définitivement fin.

Le soir à l’hôtel nous avons longuement débriefé avec Danos autour d’une bouteille de raki. A une heure avancée de la nuit, nous en arrivons à parler de l’Alsace-Vosges qui a lieu quelques semaines plus tard et où Seb sera voiture 0 avec une Saxo Kit-Car. Et on se dit que ce serait sympa de le faire en voiture 00. Ni une, ni deux, la décision est prise : on sera au départ en 00 et on va montrer à Seb qui c’est les meilleurs. Danos s’occupe de trouver la voiture et moi je m’occupe de… rien.

Le week-end avant l’épreuve on reconnait le parcours. Il s’agit de faire les choses sérieusement, on n’est pas là pour rigoler (tu parles !). Tout se passe bien à part un estomac un peu en vrac. La suspension hydractive de la C5 ne fait pas bon ménage avec les gueuletons que nous ne manquons pas de faire.

Arrive le jour J. La Saxo Challenge est là, rutilante dans sa robe rouge, et couvée par l’équipe PH Sport que nous connaissons bien. Nos noms ornent les vitres latérales, précédés d’un volant pour Danos, d’un cahier de notes pour moi.  La première journée disputée en Alsace se passe sans encombre.

Le soir au dîner, ça se chambre sec ! Pour un peu Daniel envisagerai de prendre le volant de la Xsara WRC lors de la prochaine manche. La journée du samedi promet d’être animée…

En effet, dès le routier vers la première spéciale, on manque de se mettre au trou en chauffant les pneus. Bon, on va mettre ça sur le compte des pneus froids !

Arrive Corcieux, LA spéciale du rallye, celle dans laquelle il se passe toujours quelque chose. Pour nous, c’est un gauche, qui pour le compte ne passe pas ! Et voilà la Saxo dans le bas-côté appuyé sur la portière droite (tiens donc, mon côté comme par hasard). Les premiers mots de Danos sont « je suis désolé papy » (au vu de notre « grande » différence d’âge je l’appelle gamin, en représailles il m’appelle papy). C’est pas tout, il va falloir se sortir de là. Quelques solides gaillards nous remettent sur la route, mais la belle Saxo a un peu souffert. On décide de prendre la première route qui nous permet de sortir de la spéciale. Avant de rejoindre l’assistance, un passage par l’éléphant bleu s’impose pour retirer toute la terre mangée par la petite Citroën.

L’assistance fera un super boulot. Finalement les dégâts sont minimes et seul la vitre côté co-pilote sera à changer. Inutile de préciser que ça a été notre fête lors du dîner et que Danos a définitivement dû renoncer à prendre la Xsara à la place de Seb.

Le lundi matin, je trouve dans ma boite mail la photo suivante accompagnée de ces mots : « un copilote ça va, deux copilotes, bonjour les dégâts ! »

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Génial :lol: 

D’ailleurs, ce n’est pas à l’issu de ce rallye de Turquie qu’Elena était sur la sellette chez Citroën?

 

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il y a 1 minute, Rick a dit :

Génial :lol: 

D’ailleurs, ce n’est pas à l’issu de ce rallye de Turquie qu’Elena était sur la sellette chez Citroën?

 

Il n'a pas eu les félicitations du jury, c'est sur. Mais il n'était pas le seul responsable de l'abandon.

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J'imagine la réponse de Loeb ! Un équipage comme ça, ça ne se sépare pas !

D'ailleurs, je me rappelle une erreur de parcours (en spéciale) à Chypre peut-être, ou alors ailleurs, où Ogier et Ingrassia se sont retrouvés sur la mauvaise route face à un 4/4 de commissaires. Fallait-il aussi virer Julien ? :siffle2:

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il y a 1 minute, KC67 a dit :

Il n'a pas eu les félicitations du jury, c'est sur. Mais il n'était pas le seul responsable de l'abandon.

J’ai souvenir que Loeb, dans « ma ligne de conduite », explique que Frequelin voulait qu’il soit débarqué.

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